L’art a sauvé ma vie plus d’une fois ou, devrais-je dire, je me suis souvent sauvée en lui pour recoudre les blessures de l’injustice, retrouver le sens de mon humanité bafouée et redonner vie à ma sensibilité égratignée par la dureté de l’existence. Il m’a permis maintes fois de renaître à moi-même, malgré les nons que nous imposent les lois implacables d’un marché arrogant qui recherche la stabilité du conforme. Par la même occasion et par le travail de l’expression (peinture, écriture, danse, théâtre..), je découvrais que non seulement il pansait mes blessures, mais qu’il m’ouvrait à quelque chose de plus grand que moi. Il reconstruisait avec douceur, patience et tendresse les liens qui m’unissaient au Monde et, par la force de je ne sais quel esprit vivant issu de la création, me remettait au cœur du merveilleux. Comme sortie d’une douloureuse convalescence, je rendais grâce à la chance inouïe que m’avait donnée la vie de n’être pas si seule. Cette photo a été prise dans la cour d'école primaire tout près de chez moi.Cette "oeuvre in situ miniature" a été réalisée par des enfants qui jouaient à je ne sais quel jeu imaginaire,mais il n'en reste pas moins, qu'avec nos yeux d'adultes nous pouvons y voir l'émergence d'une oeuvre d'art...Celle-ci a été prise au Domaine Joly-de-Lotbinièresur le bord de la berge du St-Laurent.
